Championnat de France F5J 2020

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Uncle Jim
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Championnat de France F5J 2020

Message non lu par Uncle Jim » 21 sept. 2020, 08:45

Salut à tous,

Voilà je suis rentré de ce Championnat de France qui a été énorme et magnifique.
Dans la semaine je ferai un petit reportage avec quelques photos, j'essaierai de me servir de mon expérience du week-end pour vous parler de situations vécues capables de nous aider dans le planeur thermique de plaine.
Je sais pas si je me suis amélioré, mais en tout cas je peux vous dire que j'y ai appris.
UJ.
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Uncle Jim
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Re: Championnat de France F5J 2020

Message non lu par Uncle Jim » 23 sept. 2020, 19:03

Excusez le manque de photos, mais pour cause d'incapacité je renonce définitivement à insérer des photos sur le forum.
Mais ci-dessous vous trouverez le lien vers une page du forum F3News où vous aurez des images à foison.

https://f3news.1fr1.net/t16926p325-cham ... e-f5j-2020


Chercher à faire tenir un motoplaneur en l'air à la plaine, c'est déjà un bon objectif de vol. Et si on s'oblige à ne pas remettre le moteur au cours du vol, on se dit que le vol ne va pas durer. Si en plus on veut poser pile poil à ses pieds au bout des 10mn sans faire une seconde de plus, on se dit que c'est impossible.
Et si enfin on s'oblige à couper le plus bas possible, alors on est dans le F5J.

Un planeur de F5J coûte entre 200 (le Introduction de chez Hollein) et 2000 Euros (le Plus de Vladimir models). La différence de prix tient au fait qu'un planeur « tout carbone » volera plus vite sans chuter , couvrira plus d'espace et aura donc plus de chances de trouver la pompe, et reviendra plus facilement face au vent parfois même sans ballast. C'est tout. J'ai fait mes premiers concours il y a 7 ans avec un planeur de base, 3 axes + volets, fuselage fibre et ailes en structure. Pas plus. Vous avez compris que vos planeurs peuvent aussi le faire, et aussi que vous n'êtes pas obligés de faire des concours pour vous amuser au couper bas et à la cible. Voler avec un but.

Le F5J est une formidable école d'aéromodélisme.
Il faut trois choses :
Ce planeur il faut le régler du mieux possible
Il faut le faire voler du mieux qu'on peut
Il faut le faire voler là où ça porte le plus, quelle que soit la météo.

Pour les réglages, une seule méthode, la « méthode Antoine ». Une fois que les bases sont saines on peut ensuite pinailler sur les phases de vol et tout le reste. Mais surtout : LES BASES. Exemple : pas la peine de régler un différentiel d'ailerons avant de centrer. Le centrage est le premier des réglages. En plus ça rime.

Pour le pilotage, comme c'est bizarre, là aussi : LES BASES. Il faut savoir laisser voler le planeur, se dire que même les planeurs chers décrochent, savoir spiraler à la direction et aux ailerons, savoir connaître les effets de chaque gouverne. On ne laisse pas voler le planeur, on le pilote.

Et enfin se souvenir qu'on peut voler avec n'importe quoi, pourvu qu'on vole là où ça monte. La connaissance du ciel s'acquiert avec l'expérience, mais j'en ai pas. Cependant il y a des trucs pour éviter de trop se tromper. Exemple la biroute portable c'est à dire un bâton avec un mètre de cassette audio attachée au bout. D'après moi c'est dans ce dernier secteur que c'est le plus compliqué. Le premier réflexe à avoir c'est quand même de regarder le ciel et de savoir où on veut aller avant de décoller. Un vol sera toujours meilleur même avec une décision pas au top, qu'un vol sans aucune décision au départ.


Fort de tout ce joli blabla, me voilà parti pour Feillens, petit village de l'Ain dans la plaine de la Saône à 10km de Mâcon.

A mon arrivée le vent est fort et il fait 32°. Je suis pas dépaysé. Le parking est impressionnant avec des camping cars, des tentes, des abris, un véritable campement.
Mais le plus impressionnant c'est le terrain, une prairie énorme qui servait d'ailleurs en 40 pour faire poser des avions de la Résistance. Je ne vole pas le Vendredi soir car je sais que le lendemain ce sera différent. Pas la peine de voler pour voler.

Samedi matin début du concours à 8h45. Il a plu dans la nuit, c'est humide, il y a des bancs de brume et zéro vent. C'est bon pour El Nino. Chaque manche comprend cinq groupes de 14 planeurs. Ca fait beaucoup de monde en l'air mais c'est moins dangereux qu'on peut l'imaginer. Je vole dans le 2ème groupe, je fais un très joli vol, coupure à 154m, 9mn54 et 45 points à l'atterro (entre 1m et 2m).

A la deuxième manche mon vol est très moyen, le 3ème vol est carrément minable.
A la pause de Midi je suis 41ème sur 65.

L'après midi, le vent reprend comme la veille, je sors l'Evo. Le 4ème vol est calamiteux, je fais 6mn et me pose en dehors des 10 mètres. Le 5ème est meilleur pour l'altitude de coupure et le temps, mais je mets un coup d'AF au poser qui m'arrête pile avant les 10 mètres . Mais le planeur ballasté de 400 grammes est parfait dans ce vent. Je reste dans les 45èmes.

Le Dimanche matin c'est le Samedi matin Bis. Je me sors les doigts, j'ai un coatch parfait, je fais 170m, 9mn54 et 40 points au 6ème vol (je rate les 50 points de la cible car je n'arrive pas assez dans l'axe). Dans la foulée le 7ème est assez bon avec 170m, 9mn36 et la cible. Je remonte au classement car les collègues ne font pas des prouesses.

Mon dernier vol fera 154m, 9mn54 et 35 points (entre 2 et 3m). Le concours est fini pour moi et j'ai la bonne surprise de me voir 29ème. Je suis hyper content et je comprends que ce concours a été compliqué pour tous, même pour des bons qui se retrouvent derrière moi..

Après une averse, l'après midi est consacré au fly-off. Les 14 meilleurs s'affrontent sur trois manches de 15mn chacune. C'est le classement du fly-off qui détermine le Champion. Il s'appelle cette année Adrien Gallet, il a 17 ans et un jour il sera Champion du Monde, c'est certain.

Il vole monstrueusement bien. Exemple à la deuxième manche du fly-off.
Le soleil est ressorti, il fait chaud et humide, le vent est quasi nul . Le pilote part au ras de l'herbe jusqu'à 100 mètre devant lui, puis il se cale à 20m de hauteur, il fait des cercles sur le saumon moteur à fond, ça agite l'air, une bulle se décolle du sol, arrivé aux 30 secondes son moteur coupe (c'est la règle : un module électronique coupe automatiquement au bout de 30 secondes et empêche de remettre en route) et sur l'énergie accumulée il monte de quelques mètres et il part dans la bulle qu'il a lui même créée ! C'est fort.

Mon roman se finit, je reviens avec des étoiles plein la tête et des choses apprises ça et là. Je vais faire des mixages supplémentaires pour mieux voler et mieux atterrir. Pour la lecture de l'air, là, ça va être plus compliqué. Faut apprendre.
Merci de m'avoir lu.

UJ.
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Lexazam
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Re: Championnat de France F5J 2020

Message non lu par Lexazam » 24 sept. 2020, 19:44

Salut,

Bravo pour ta performance et pour ce compte rendu qui va bien au delà de sa mission première. Il fait envie, donne envie, et mérite une diffusion plus large.

Axel

frank
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Re: Championnat de France F5J 2020

Message non lu par frank » 24 sept. 2020, 23:36

Créer une bulle et s'envoler dedans..... C'est du domaine du rêve et certain y arrive !
Très sympa ton reportage, et j'ai bien cru reconnaître une casquette AMVH dans la série de photos 😉

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Uncle Jim
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Re: Championnat de France F5J 2020

Message non lu par Uncle Jim » 25 sept. 2020, 08:40

Merci pour vos compliments.

Le fait d'agiter l'air pour faire déclencher la bulle c'est une vieille méthode utilisée en vol libre. Sur les vidéos de vol libre on voit parfois des aides du pilote qui font tournoyer leur veste dans tous les sens avant que le planeur décolle. C'est le même truc.

A la relecture j'ai vu que j'avais écrit deux phrases qui se contredisent en apparence. C'est dans le paragraphe consacré au pilotage: "il faut laisser voler le planeur" puis "ne pas laisser voler le planeur". Ce que je veux dire, c'est que d'un coté il faut lui laisser de l'air, de la vitesse sans chercher à trop le ralentir, et d'un autre qu'il faut piloter en permanence c'est à dire faire ce qu'on a décidé (toujours avec une longueur d'avance) et ne pas laisser le planeur aller où il veut au gré des courants.

UJ.
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